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Proposé par :
MAIRIE DE MARQUEFAVE
Exposition proposée par Dan Thaler, en partenariat avec la mairie de Marquefave.
Gratuit
La nouvelle exposition de Marquefave pour octobre sera dédiée à la peinture, elle accueillera l'artiste peintre Dan Thaler du 29 septembre au 29 octobre. Le vernissage est prévu pour le 1er octobre à partir de 19h, cela sera l'occasion d'échanger et de partager vos impressions sur cette série de peintures intitulée "Séquences urbaines".
La série de peintures intitulée « Séquences urbaines » est composée de trois familles différentes: figurative, abstraite et floutée. L’objet de cette exposition est de mettre exclusivement en lumière la série « Séquences Urbaines foule, ombre et lumière - série W» qui illustre l’évolution de la peinture de Dan Thaler, du figuratif à l’abstrait.
La ville, la rue, ce qui s’y joue inspire l’artiste. Des scènes illustrées de personnages, des femmes le plus souvent, s’affairent en marchant, discutent, observent, flânent... La ville interroge, fascine, envoute, enchante, captive, séduit, charme mais aussi repousse, rejette, exclut, abandonne... Imprégnée par cet environnement, la série « Séquences urbaines » se nourrit d’émotions, sensations, réflexions, pensées, mais aussi de lectures.
Dans cette exposition les images ne sont ni figuratives, ni abstraites : le floutage a permis de passer d’une perception franche à des scènes de plus en plus suggérées où la netteté disparait. La technique est spécifique et particulière pour cette série. Les personnages sont peints en gris /noir, à l’acrylique ou à l’huile sur la toile. Lorsque la toile est sèche, l’artiste colle ensuite une feuille de papier Wenzouh (papier chinois de très faible grammage, d’où le nom de la série) sur toute la surface. Les formes peintes disparaissent puis en retravaillant ensuite avec de la peinture à l’huile diluée à la térébenthine rectifiée, le fond réapparait en transparence. Cette technique donne une sensation de matité, de profondeur tout à fait particulière.
Dan Thaler représente souvent des femmes dans ses scènes de rue, sorte d’hommage à leur courage en soulignant leur humanité et leur beauté. La condition des femmes est mise en avant. Malgré tous leurs combats, elles rencontrent encore beaucoup de difficultés à accéder au même niveau d’égalité que les hommes. Dans la vie économique, politique, dans la sphère privée, les inégalités et les harcèlements sont légion. Ils s’expriment notamment dans la rue, dans l’espace public. Harcèlements, viols, meurtres font la une des journaux mais combien sont-elles à ne pas porter plainte, à ne pas se manifester ? Comment comprendre la ville, sentir son pouls, saisir la ville fourmilière ?
Espaces paisibles, densité, rues bondées, agitées et inlassablement en mouvement avec ses traversées processionnaires de passages cloutés, automatiquement stoppés et infatigablement relancés. Croisements de regards, échanges fugaces, atmosphère partagée, connivence ou incompréhension. Les espaces anonymes autorisent divers modes de communication.
Dans la foule des gens s’affairent et dans le détail de ces actions on peut observer le jeu de lumière et d’ombre. La foule, la question de l’ombre et de la lumière ont motivé le philosophe W. Benjamin, le psychologue C.G. Jung ou les écrivains E. Poe, Zweig et le poète Ch. Baudelaire. Edgar Allan Poe L’homme des foules : « mes observations prirent d’abord un tour abstrait et généralisateur. Je regardais les passants par masses, et ma pensée ne les considérait que dans leurs rapports collectifs. Bientôt, cependant, je descendis au détail et j’examinais avec un intérêt minutieux les innombrables variétés de figures, de toilettes, de démarches, de visages et d’expressions physionomiques. » Ou encore Charles Baudelaire Les Foule : « il n’est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art et celui-là seul peut faire, aux dépens du genre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travestissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage. Multitude, solitude : termes égaux et convertibles... ».
Des idées naissent de cette dichotomie : le danger accompagne le pouvoir comme l’ombre la lumière. Et l’ombre ne vit que parce qu’il y a lumière : l’ombre est comme l’enfant de la lumière. Le psychologue C.G. Jung apporte lui un autre point de vue. L’ombre est une partie de la psyché formée de la part individuelle qui ne se connait pas elle-même.
La question de l’ombre soulève différentes approches, avec certitude on peut dire que la beauté n’est que l’ombre annonçant la lumière. Khalil Gibran écrit : « La beauté est un doux murmure. Elle parle en notre esprit. Sa voix cède à nos silences comme une faible lumière qui tremble de peur devant l’ombre ».
Les jeux d’ombre et de lumière fascinent Dan Thaler. Il les illustre au plus près dans l’espace public. La série « Séquences Urbaines » est l’occasion d’exprimer des émotions récoltées au cours de ses voyages, dans différents pays. Il souligne dans ses peintures la beauté, les phénomènes de masse mais aussi la solitude, l’attrait et la répugnance qu’engendrent la ville, la foule. Il interroge sur la question de l’urbanité.